Emmanuel Macron entend peser pour doter l’Union européenne de nouvelles ressources propres, notamment en taxant les géants américains de la tech, plutôt que d’augmenter les contributions des Etats membres.
Contrairement à d’autres pays riches comme l’Allemagne et les Pays-Bas, la France n’est guère encline à réduire le budget de l’UE, qui accorde de généreuses subventions à son puissant secteur agricole.
Le président français presse même l’exécutif européen de lever davantage de fonds via des taxes à l’échelle du continent, notamment sur les géants américains de la tech et les pollueurs étrangers, plutôt que de compter sur une hausse des contributions des Etats membres. Car, en tant que troisième pays le plus endetté de l’Union, la France n’a pas de marge de manœuvre pour augmenter considérablement la sienne.
Les propositions fiscales initiales de la Commission — qui comprennent la taxe carbone aux frontières, le marché carbone européen, des taxes sur les déchets électroniques et le tabac, ainsi qu’une contribution forfaitaire des entreprises — se sont heurtées à la résistance des gouvernements opposés à des mesures qui pénaliseraient de manière disproportionnée leurs industries nationales.
Alors que les négociations sur le prochain budget 2028-2034 de l’UE s’éternisent, la France cherche à rallier des soutiens à travers l’Europe en faveur de taxes alternatives qui, selon elle, auraient plus de chances d’obtenir l’appui unanime des 27 Etats membres, ont déclaré des responsables ayant souhaité garder l’anonymat pour évoquer ces questions diplomatiques sensibles.
La mise en place de nouvelles sources de recettes pour l’UE — appelées “ressources propres” dans le jargon bruxellois — est la “condition sine qua non pour adopter le budget”, a déclaré aux journalistes, au début du mois, le ministre français chargé des Affaires européennes, Benjamin Haddad. “Nous ne pouvons pas compter uniquement sur les contributions nationales, personne n’en a les moyens.”
La fiscalité reste toutefois l’un des sujets politiques les plus sensibles dans les négociations, ce qui rend peu probable toute avancée décisive avant les dernières phases des pourparlers.



